Sur quoi porter notre attention ?

Sur quoi porter notre attention quotidiennement et en particulier en méditation ?

Ci-dessous, retrouvez un extrait écrit de l’enseignement donné le 29 Septembre 2019 au Wat Khemararam.

Les 4 sujets à développer

Il y a selon le Bouddha 4 sujets que nous devons développer :

  • Les sensations intérieures et extérieurs
  • L’impermanence 
  • L’attention
  • L’attachement et le désir

Les sensations intérieures et extérieures

Qu’est-ce que l’observation des sensations intérieures et extérieures ?

Intérieurement vous pouvez observer votre respiration mais aussi vos sensations physiques ou vos pensées et émotions qui défilent dans votre esprit.

Extérieurement vous pouvez observez l’interaction entre vous (corps et esprit) et un phénomène extérieure. Par exemple : votre voisin vous fait une remarque, quel impact cela a t’il sur vous ? Vous regardez un beau paysage a la montagne, qu’est-ce que vous ressentez ? 

De manière plus général, c’est la réaction entre l’un de nos six sens et l’objet observé. Mais attention cela doit être fait sans réaction, sans jugement mais en observateur. Sans identification. À la manière d’un scientifique qui observe une expérience. Ou encore comme un spectateur qui va au théâtre et qui regarde la pièce.

L’impermanence

L’impermanence, c’est l’apparition et la disparition de tous les phénomènes. Le Bouddha dit : « lorsque l’impermanence est développée, elle élimine tous les désirs et l’ignorance et elle éradique le « moi ». Mieux vaut vivre une journée en voyant l’impermanence que cent ans sans rien voir. »

Comprenez bien que l’impermanence ne doit pas devenir une philosophie mais une vison direct de la réalité. Car quand l’esprit intègre cette réalité, il devient plus calme et libre d’attachement.

Comment voir l’impermanence ? En observant par exemple, les saisons, le climat, l’histoire ou encore les civilisations. Mais également notre vie quotidienne, nos relations, nos pensées.  Plus les changements sont rapides ou lents plus il est difficile pour notre esprit de les percevoir. Par exemple, il peut être difficile de voir le changement d’une montagne ou encore plus d’un atome ! Mais il est facile de voir le changement de nos humeurs ! Je dirais que pour certains d’entre nous c’est très facile ! Tout est en flux constant. Apparition et disparition. Apparition et disparition…..

Le développement de l’attention

Parlons maintenant de l’attention. Tout d’abord qu’est-ce que l’attention ? C’est la prise de conscience d’une chose qui apparait ou disparait dans l’instant. Par exemple, quand vous inspirez et que vous en êtes conscient vous êtes dans l’attention. Le maitre Zen Ryokan disait : « Connais ton esprit tel qu’il est » Vous devez être attentif aussi souvent que possible. Parce que plus vous allez être attentif, plus cela va devenir un reflèxe quotidien, un netraienement de l’esprit.

Il y a une technique que développait Mahasi Sayadaw (maître Birman) que je recommande tout particulièrement pour les débutants. Cette technique consiste à noter mentalement ce qui est le plus prédominant dans l’instant.

Par exemple, si vous avez une pensée concernant le passé, vous notez mentalement « souvenir, souvenir ». Si c’est une douleur dans le dos, vous notez « douleur, douleur » ainsi de suite. Cela va habituer votre esprit a être dans l’instant présent. Lorsque votre esprit s’habitue à reconnaitre ce qui se passe dans l’instant, vous pouvez peu a peu vous détacher de cet entrainement de noter ce qui est entrain de se passer mais juste le vivre. C’est la deuxième phase !

Pour finir le Bouddha nous dit « l’esprit ne doit s’attacher à rien », toutes les souffrances de nos vies résident dans l’attachement et le désir. Si nous pouvons déraciner ces deux souillures mentales alors nous aurons grandement avancé sur le chemin du Dhamma.

Je crois que c’est assez pour aujourd’hui mais nous reparlerons de l’attachement et du désir ultérieurement.

Olivier Sayag